L’ambiance de fin du monde est-elle fondée ?

Written by Aurelien Veron  //  9 août 2011  //  Dette, Economie, International  //  9 Comments

big_001_CJ_H

Si vous le pensez, vendez tout et commencez à creuser. Emeutes à Londres à 2h15 de la Seine Saint-Denis, bourses déconfites, pays au bord de la faillite et dirigeants proches de la crise de nerf, BCE qui abandonne son orthodoxie, Allemagne qui commence à vouloir faire des chèques à toute l’Europe. Rien ne va plus, et en plus l’été est pourri. N’amassez pas des billets sous votre matelas, vous risqueriez de vous retrouver bien nu en cas de pépin. Le paysage mondial est-il vraiment si sombre ? Sans partager l’optimisme béat de S&P qui évoque la « politique budgétaire bien conçue » de la France (voir Baroin au bord de l’orgasme me fait dresser les cheveux sr la tête, mais en compensation, quel plaisir d’entendre Anglais et Américains hurler en lisant ça), les choses avancent vite, et même rudement vite.

Les émeutes londoniennes sont paradoxalement de bon augure. Après tout, les dernières remontent à l’âge d’or thatchérien, lorsque le Royaume Uni s’était engagé sur la voie des réformes libérales dures. Ensuite, tous les gouvernements laxistes se retrouvent les uns après les autres au pied du mur. Le successeur inattendu de DSK, Jean-Claude Trichet, relâche la bride de son institution monétaire, mais il impose un traitement de choc aux bénéficiaires de son geste : réductions drastiques de dépense publique et réformes structurelles d’inspiration essentiellement libérale : flexibilité du marché de l’emploi, privatisations et ouverture des secteurs protégés à la concurrence, diminution de l’aide sociale. Le FMI s’étant considérablement ramolli sous la houlette de son ex-président, beaucoup plus raide avec les femelles à proximité qu’avec son organisation, c’est la BCE qui a pris le relais en Europe, pestant contre les gouvernements incapables et lâches.

Quoi qu’en pensent les indignés dans les rues d’Athènes et de Madrid, le vent souffle en faveur du mouvement des Tea Parties de l’autre côté de l’Atlantique. Ce sont les libéraux qui mènent aujourd’hui la danse après des décennies de gabegies sur le dos des citoyens des grands pays occidentaux. La fête est bientôt terminée, nous allons pouvoir reprendre nos destins en main. A moins que les nationalistes à refermer nos frontières et à trouver dans les pays voisins des bouc émissaires dans une perspective belliqueuse. Ce sera alors l’occasion de réfléchir à la question suivante : « L’ambiance de fin du monde est-elle fondée ? Partie II) »

9 Comments on "L’ambiance de fin du monde est-elle fondée ?"

  1. salcedo 19 août 2011 à 21 h 41 min ·

    Alors que le PLD s’apprète à tenir son université d’été où les objectifs à atteindre pour les legislatives de 2012 (6%) seront évoqués,il apparait imporant que le parti liberal se démarque des anarcaps et refuse de relayer les hypothèses morbides diffusés par ces derniers; hypothèses visant à parier sur l’effondrement prochain de l’economie française.
    Ceci n’etant qu’un calcul politicien de très bas niveau visant à rassembler des voix dans un réservoir de mécontents

  2. Aurelien Veron 19 août 2011 à 19 h 14 min ·

    L’Allemagne ne souffre pas d’un Etat jacobin aussi présent qu’en France. Cela se traduit par une pression fiscale bien inférieure à la nôtre, ce qui libère davantage les énergies et offre un meilleur pouvoir d’achat aux Allemands, ainsi que par une société civile moins infantilisée, donc plus responsable et consciente de ses obligations.
    L’absence de SMIC et un code du travail plus souple favorisent l’emploi des peu qualifiés, le temps partiel. Mais si vous pensez que nos gènes sont différents, l’explication est peut-être autre.

  3. Noirf 17 août 2011 à 0 h 18 min ·

    Aurélien, je pense que vous sous-estimez franchement l’étendue du problème.
    Quelques liens, en anglais:
    http://ourfiniteworld.com/2011/07/11/the-link-between-peak-oil-and-peak-debt-part-1/
    http://ourfiniteworld.com/2011/07/13/the-link-between-peak-oil-and-peak-debt-part-2/

    Et puis l’énergie, ce n’est pas que l’électricité et la voiture, loin de là.

    Quant à l’Allemagne, je crois que son succès tient aussi beaucoup à une mentalité, une capacité à affronter les obstacles sans sombrer dans l’aigreur, ce que les français ont de plus en plus de mal à faire. Un simple passage de frontière permet facilement d’en juger.

  4. Aurelien 16 août 2011 à 17 h 25 min ·

    Noirf, le soutien allemand à l’économie est incomparablement moins important qu’en France. Ce pays a une culture décentralisée. Il faut chercher la raison de sa bonne santé dans les causes du maintien de sa compétitivité : pas de smic excluant les moins diplômés de l’emploi, charges sociales plus faibles, pression fiscale globalement beaucoup plus réduite qu’en France, bureaucratie plus réduite, enseignement plus performant dans l’ensemble.

    La question de l’énergie est essentielle, mais pas encore décisive. En France, nous avons choisi le tout-nucléaire sans en maitriser tous les éléments. L’Allemagne brûle du charbon. Autres moeurs.

  5. Noirf 12 août 2011 à 21 h 51 min ·

    Dans tout système capitaliste, il y a toujours des joueurs qui comprennent mieux les règles du jeu que les autres, et qui parviennent à en tirer profit.
    Le programme allemand (stimulé par l’Etat) d’investissement dans les énergies dites vertes est d’ailleurs pour moi central dans la bonne santé de l’économie allemande.

    Je vous demande tout de même: comment expliquez-vous que les troubles économiques de 2008 et de 2011 arrivent au moment même (ou juste après) où le prix au baril atteint les 100 dollars? Vous pensez que c’est une coïncidence?

    Et je ne dis pas que la rigueur est une mauvaise chose, je dis qu’elle ne résoudra pas le problème de fond qui est que la production de pétrole a atteint son pic, et quoi qu’on fasse dans l’avenir (à moins d’une hypothétique fusion nucléaire commercialement viable), nos conditions de vie ne pourront qu’aller en décroissant qualitativement, jusqu’à ce que le système implose.
    J’ai beau être libéral en principe, je ne vois pas comment ce système de pensée va pouvoir résoudre cette équation (ne me dites pas innovation, nous n’avons tout simplement pas le temps pour remplacer efficacement 88 millions de barils par jour par une alternative de même efficacité).

  6. Aurelien Veron 12 août 2011 à 20 h 40 min ·

    @Noirf : la crise de l’énergie ? Pas que je sache à ce jour. Mais si tout le monde est censé en souffrir, comment expliquer que des pays comme l’Allemagne ou HK ne connaissent pas le chômage avec les mêmes cpntraintes que les autres ? La rigueur budgétaire débarrassera nos perspectives d’inquiétudes aujourd’hui légitimes, et elle mettra surtout fin au détournement massif des ressources financières mondiales au profit de dépenses de fonctionnement de bureaucraties inutiles, voire même nuisibles pour nos vies et celles des entreprises.

  7. Noirf 12 août 2011 à 0 h 57 min ·

    Toujours à penser, Aurélien, qu’il s’agit d’une simple crise économique? Toujours à penser qu’un virage libéral allait résoudre tous les problèmes?
    La rigueur budgétaire, ça ne fera que repousser l’échéance.

    Ce que l’on observe, depuis quelques années, c’est une crise de l’énergie. Et in extenso, la faillite d’un modèle basé sur une croissance qui ne peut continuer avec une production pétrolière qui ne parvient plus à suivre les besoins de l’économie (regardez les similitudes entre les prix du baril en 2008 et ceux d’aujourd’hui, et ce qu’il se passe dès que l’on dépasse les 100 dollars. C’est frappant). Pétrole cher = inflation = baisse du pouvoir d’achat = baisse de la consommation = croissance anémique = système en crise.
    Ni le socialisme ni le libéralisme n’ont de réponse à la fin du pétrole pas cher. Les propositions du tea party (creuser plus de trous) sont risibles, tant elles sont incapables de saisir la profondeur du problème, le fait que ce sont nos modes de vie eux-mêmes qui menacent nos modes de vie.

    Nous sommes dans l’impasse, et le capitalisme est sur le point de rejoindre le communisme dans le cimetière des belles grandes idées irréalisables.

  8. Le Parisien Liberal 11 août 2011 à 9 h 00 min ·

    sg44, votre source d’info, c’est TF1 / France 2/ Le Monde / Libe / Le Fig / Europe 1 / France Inter ?

    1. le fascisme est un phenomene made in Europe, et d’essence socialiste. Le terme ne s’applique donc pas à des gens ultra individualistes.
    2. ce que vous mentionnez, c’est l’aile dure républicaine, pas le tea party
    3. une majorité d’américains et de francais sont helas pour la peine de mort. Ces 60% de gens, vous les assimilez aussi à des fascistes ?

    Les Tea Party sont la premiere chance serieuse depuis les années 80 et le Reaganism de voir l’Etat fédéral reculer, ce qu’il n’a fait ni sur Bush pere ni sous Clinton si sous Bush fils, et ca, ca suffit aux liberaux francais.

  9. sg44 10 août 2011 à 19 h 11 min ·

    Les Tea Party sont des fachos, comment les libéraux peuvent-ils les défendre ? Ils sont contre le droit à l’avortement, contre le marage gay, pour la peine de mort. Franchement, beurk.

Leave a Comment

*

comm comm comm