Tontons flingueurs au PS comme à l’UMP

Written by Aurelien Veron  //  8 septembre 2011  //  A droite, A gauche, Agenda politique, Vie politique  //  1 Comment

Ca ne vous rappelle pas quelqu'un ?

 

Ca ne vous rappelle pas quelqu'un ?

Après un été glacial, la rentrée est brûlante. Malgré l’université d’été du PS pourrie par les petits coups bas (et l’affaire du « perv » qui est passé rapidement du tee shirt t-shirts « Yes We Kahn » au pyjama orange de Rikers Island puis à la tenue de touriste estival), l’UMP a réussi à ne pas se laisser distancer dans le bêtisier. Aux moqueries sur la place de Manuel Valls qui devrait être à droite (il est d’ailleurs parti à Londres chercher l’inspiration : entre le maire de Londres et David Cameron, on voit mal la source lumineuse pour un socialiste qui se respecte), la rumeur a couru sur la menace de Jean-Pierre Raffarin de basculer au Modem. Bref, tout est cul par dessus tête. La mise en examen de Guérini, si longtemps dénoncé par Montebourg, si longtemps protégé par Martine Aubry, reste anecdotique dans la confusion ambiante. Déjà, une nouvelle pizza connection émerge au sein du PS dans l’Hérault. Et ça canarde de partout. Les « emplois jeunes » de Martine ont fait marrer Manuel. Et dés lors que les flingues ont été sortis de leur holster, les balles ont commencé à siffler, et pas perdues pour tout le monde. Normalement, le règlement de comptes à OK Coral, c’est à la fin du film. Quasiment tout le monde meurt. Le PS a eu la mauvaise idée de placer la scène au début de la campagne. Pour le plus grand bonheur des Français : quitte à se faire racketter fiscalement, ils profitent au moins du spectacle (largement subventionné par leurs deniers personnels).

Dés avril, les phrases assassines avaient commencé à fuser : « Franchement, vous imaginez François Hollande président de la république ? On rêve » avait lâché Fabius. Ce même Hollande, « Ministre du temps perdu » selon Aubry en mai, avait auparavant dit d’elle, toujours en avril : « C’est une menteuse, on ne peut pas lui faire confiance« . Quand Ségo avait montré le bout de son nez, elle s’était pris sèchement un « C’est une sous-ministre des affaires familiales » de la mère Aubry. Le démondialisateur Montebourg, qui bout de ne pas décoller dans les sondages, leur avait asséné en mai une belle gauche : Hollande et Aubry « sont ceux nous ont fait perdre en 2002, qui avaient déjà rédigé le projet à l’époque, qui sont candidats en 2012. » A l’occasion de l’université d’été, le niveau avait baissé d’un cran de la part du candidat « normal » qui a d’ailleurs fait un régime remarqué (la rigueur, que voulez-vous) : « Le judo en politique est très utile. Parfois ce sont les plus souples qui l’emportent parmi tous ces rigides. Ce n’est pas le plus gros qui gagne. Je vous laisse ces comparaisons pour en faire le meilleur usage. » Pan dans le bide. Ces attaquent ne font que prendre de l’ampleur alors qu’il reste un long mois à courir. Les amitiés auront du mal à se renouer ensuite. L’élu PS, s’il gagne, aurait même intérêt à jouer l’ouverture pour recruter des ministres à droite, ils devraient être moins dangereux que les socialistes des clans ennemis.

Aujourd’hui, Ségolène se venge sur les deux grands candidats. elle joue son va-tout compte tenu de son manque (justifié) de crédibilité parmi les socialistes (et les Français). François Hollande en prend pour son grade : « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? » Vient le tour de la maire de Lille : « sa seule expérience électorale, c’est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n’est pas facile ». Remarquons que nous n’avons pas affaire à des jeunots. Ségolène est au PS depuis 1978, François Hollande monte un comité de soutien à François Mitterrand en 1974. Moins de 55 ans, on est un gamin au PS, pareil pour les idées qu’on ressort de la naphtaline à chaque congrès. Avant de railler ce PS figé depuis 30 ans, l’UMP ferait bien de s’occuper de son propre camp.

Etrangement, personne n’a réagi à la sortie de la figure de proue de la droite populaire, Lionnel Luca, ce matamore qui donne enfin l’impression d’avoir réussi quelque chose de sa carrière ses errements à la recherche d’une position en politique. Sur le perron de l’Elysée, il avait plastronné devant les journalistes, et sorti une connerie que personne n’a hélas creusée. En appelant la droite populaire « la garde de fer« , il faisait référence à son histoire personnelle. La « garde de fer » originale, milice roumaine nationaliste, xénophobe et antisémite connue pour son excès de pogroms contre les juifs et d’assassinats politiques. Cette légion prend un peu trop ses aises, au point que le gouvernement pro-nazi a fini par la dissoudre. Selon le Canard Enchainé du 7 septembre, Lionnel Luca « omet souvent de préciser que son père fut aussi « légionnaire » dans la Roumanie d’avant-guerre. Bien sûr, nul n’est responsable des  actes et des positions de ses parents. Mais il est des réminiscences étranges. » Que le fils, très au fait de cette histoire sombre, la reprenne et en fasse publiquement et fièrement étalage, ça me sidère tout simplement. Au FN, Marine le Pen l’aurait viré (c’est peut-être pour ça qu’il a anticipé et s’est glissé dans les rangs de l’UMP). Combien d’hommes politiques se prennent des scuds sur des propos déplacés mais de bien moindre gravité. Et là, ça passe comme une lettre à la poste les jours où elle ne fait pas grève ! Personne n’a tiqué jusqu’au Canard Enchaîné ce jour. Même Rama Yade n’a rien dit. Elle qui n’a pas grand chose à raconter en général, elle tenait là un joli sujet.

Heureusement, les amusements offerts à la galerie par l’UMP ne sont pas tous aussi pesants. Même si Rachida Dati ne nous a pas enchantés avec ses délicieux lapsus coquins (je n’ose dire carrément érotiques), ses coups droits ont leur charme. En taquinant François Fillon avec l’accusation de « parachutage » dans sa circonscription alors qu’il y a sa famille et une partie de sa vie, elle fait marrer tous les Parisiens. Elle même est bien arrivée dans cet arrondissement où elle n’avait jamais mis les pieds avant d’être propulsée ministre, imposée par un Sarkozy encore sous le charme de ses yeux de braise. Le finaud Pierre Charron (auteur de rumeurs malsaines ou de la formule pitoyable « au lit ou sur le tatamis ») s’est alors rapproché de la féline (et fielleuse) Dati avec une formule prometteuse : « Les Hutus et les Tutsis ensemble, ça fait du monde » (800.000 morts tout de même au Rwanda).

La dispute digne d’une cour de récré opposant le président Sarkozy à l’ancien premier ministre restera dans les annales de la vie politique française. Sarko dégaine : « C’est irresponsable, surtout venant du premier vice-président du conseil national de l’UMP ! » Résultat, le Raff boude : « Les déclarations brutales à mon endroit, en mon absence, de Nicolas Sarkozy au cours du petit-déjeuner de la Majorité sont surprenantes et méritent clarification. D’ici là, je me place en congé de cette instance dite de concertation. » Notre mussolini de pacotille, Luca, sort cette ânerie : « Raffarin est un has been, il devrait rester en Chine« . François Fillon, excellent analyste des erreurs du gouvernement (vous savez, celui dont François Goulard disait qu’il « a tellement de qualités qu’il mériterait d’être Premier ministre »), s’est attaqué au ministre de l’emploi (on devrait le renommer Ministre du Chômage après plus de 30 ans de résultats accablants) : « Il s’est donné des airs de matamore à son arrivée avec des déclarations fracassantes, et en pariant sur une baisse rapide du chômage avant la fin de l’année… Le problème, c’est qu’en matière de chômage, le gouvernement regarde les trains passer » Jean-François Copé a remis une couche sur notre petit courtier en assurance qui ferait presque pitié : « Je regrette que mon parti n’ait pas pris l’initiative d’organiser des universités d’été dignes de ce nom, qui nous auraient permis de répondre au PS qui vient, pendant trois jours, d’étaler sa colère contre nous».

La campagne qui vient promet de voler très bas. A défaut d’avoir un projet, nous allons assister à un combat pour les taxes, chacun défendant ses amis, son réseau d’élus, ses lobbies, pour taxer LES AUTRES. Je vous souhaite d’avoir une bonne couverture de vos élus. Il y a de fortes chances qu’avec l’UMP comme avec le PS au pouvoir, nous soyons contraints de déguster une palanquée de nouveaux impôts et de nouvelles taxes. Car quand les élus dépensent, devinez qui paye l’addition. Ce qui me manque, c’est une bonne formule choisie (et entie) de Santini, par exemple : « A force de creuser, ils vont trouver du pétrole ».

One Comment on "Tontons flingueurs au PS comme à l’UMP"

  1. salcedo 9 septembre 2011 à 21 h 22 min ·

    A-t-il été question de diminuer les depenses publiques à l’université d’ete du PLD ,

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