Primaire socialiste : pourquoi je voterai Manuel Valls dimanche
Written by Aurelien Veron // 6 octobre 2011 // A gauche, Agenda politique, Nouvel Obs, Publications // 2 Comments
Publié par Le Nouvel Obs en ligne
En 2008, Manuel Valls a intitulé son livre « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche ». Aujourd’hui, il veut « désocialiser » la gauche et voir son parti admettre que la « démondialisation » d’Arnaud Montebourg, « c’est ringard ».
Il n’a aucun doute sur la supériorité de l’économie de marché sur la centralisation et la planification : « Les entreprises, le marché, la concurrence, aucun problème ».
Trois ans après le « coming out » libéral de Bertrand Delanoë, ce candidat à la primaire socialiste prend le relais avec davantage de fraîcheur et d’audace. Bien que la probabilité que je vote socialiste en 2012 soit extrêmement faible, je participerai à la primaire socialiste dimanche pour soutenir Manuel Valls et son projet présidentiel… ainsi que cette expérience inédite de primaire en France.
Entendons-nous. Manuel Valls ne s’est pas totalement affranchi de la culture interventionniste de notre classe politique. Il reste favorable aux hausses d’impôt et au maintien d’une place importante de l’État dans notre vie quotidienne. Son approche autoritaire sur des questions sensibles de société telles que le cannabis me déplait. Sans sacrifier son discours responsable sur la sécurité, il ferait bien de suivre l’évolution des mentalités et d’écouter son concurrent radical sur ces thématiques. J’espère que ses réflexions et sa capacité de remise en question l’y mèneront dans les années à venir.
Valls n’est pas mon candidat idéal, mais il est le seul à avoir saisi trois principes libéraux essentiels.
Dans son discours, il admet plus clairement que les autres les dangers engendrés par la dette publique. Les conséquences qu’il en tire aboutissent à des mesures plus radicales que celles prônées par ses adversaires à la primaire. Contrairement aux autres candidats, il juge par exemple nécessaire de consacrer 100% des marges budgétaires dégagées au remboursement de la dette.
Ensuite, il reconnaît la nécessiter d’étendre et de protéger le marché, notamment en s’attaquant aux situations de rente (corporatismes et subventions) que la droite n’ose pas remettre en cause. Enfin, il commence à mesurer l’importance de la liberté de choix des citoyens dans des domaines aussi sensibles que la retraite. Son refus de revenir à la retraite à 60 ans est sage. Et sa proposition de retraite à points va plus loin. Elle s’inspire d’ailleurs des travaux d’Alain Madelin et de Jacques Bichot.
on, n’allez pas croire que je suis de gauche. Je n’ai pas viré ma cuti. J’avoue rester ancré à droite, même si l’essentiel du personnel politique de droite affiche un antilibéralisme aussi virulent qu’à gauche (et le confirme dans ses actes au pouvoir). Mais dans un contexte qui voit les lignes évoluer, je trouve séduisantes la liberté de ton de Manuel Valls et son ouverture d’esprit.
Pourquoi ne pas regarder de ce côté alors que les clivages droite/gauche sont en train de s’effacer au profit d’un axe interventionniste/libéral ? J’ajoute que dans de nombreux pays, ce sont des gouvernements de gauche qui ont mis en œuvre les réformes libérales et préparé le retour de la prospérité.
En Allemagne, c’est le SPD qui a réformé en profondeur le modèle social allemand afin de préserver la compétitivité du pays. Les travaillistes de Nouvelle-Zélande et d’Australie n’ont pas hésité devant les mesures choc pour sortir leur pays de la crise à la fin des années 80. Chaque fois, le résultat a été payant.
En France, je n’exclus donc pas une évolution de cette nature à gauche dans les années qui viennent. Le Parti socialiste fera peut-être un jour sa mue sous l’influence de Manuel Valls comme Tony Blair a fondé le « New Labour ». Dimanche, je ferai ce pari.







2 Comments on "Primaire socialiste : pourquoi je voterai Manuel Valls dimanche"
Je plussoie aussi car il me semble bien avoir entendu Valls prononcer cette phrase lors d’un débat : « il ne faut pas être trop dirigiste ». Et cela n’avait pas manqué de me surprendre très agréablement, bien que je sois ancrée à droite, tout comme vous.
Un point ! Au vu de la virulence de la gauchosphere sur nouvelobs.com …