Charlie Hebdo : qui sème le vent récolte la tempête
Written by Aurelien Veron // 3 novembre 2011 // Liberté d'expression, Libertés // 3 Comments
L’acte de vandalisme qui a ravagé les bureaux du canard satirique est insupportable. La liberté de la presse devrait être totale dans un pays comme le nôtre. Ces deux cocktails molotov nous rappellent qu’à côté de la surenchère de lois mémorielles et du principe détourné de « protection de la vie privée » (qui interdit notamment aux journalistes d’aller creuser des affaires mettant en cause des personnalités politiques comme peuvent le faire les tabloïds anglo-saxons, etc.), d’autres dangers menacent toujours l’indépendance de la presse.
Mais en l’occurrence, l’incendie criminel répond à la stratégie sulfureuse de la victime. Le journal n’a pas pour objet l’investigation ou l’information. Son fond de commerce, c’est le sarcasme et l’insulte – qui ne justifient certes en rien le moindre acte de violence – ainsi que l’attaque d’autres droits aussi fondamentaux que le droit de propriété. C’est le cas quand ils réagissent aux actions de faucheurs volontaires qui détruisent des laboratoires de recherche privés, en rigolant et en criant « encore ! ». Ou quand ils glapissent de joie devant l’occupation par des associations de squatteurs de bâtiments temporairement inoccupés au détriment des propriétaires. Et quand les manifestations altermondialistes dégénèrent, c’est le système « qui l’a cherché ». Aujourd’hui, c’est un peu Charlie Hebdo « qui l’a cherché » à son tour.
Charlie Hebdo est un clown affreux qui prospère dans la tempête et le chaos. La tempête l’a rattrapé. Heureusement, rien de très grave. L’évènement offre une publicité démesurée à la revue, d’une valeur probablement supérieure au coût des dégâts. Son chroniqueur Patrick Pelloux bénéficie d’une tribune opportune pour s’afficher la larme à l’oeil et l’indignation soignée devant les caméras qu’il affectionne tant. Et il permet également à Libé (seul à avoir eu de la pub dans Charlie) de se livrer un à joli coup de marketing en accueillant généreusement son tumultueux petit frère.
Les conséquences immédiates de cet acte odieux sont bien moins graves que les écoutes télephoniques que subissent les journalistes d’investigation, par exemple du Monde ou de Mediapart. Quelques subventions publiques et une levée de fonds plus tard, le canard repartira plus gras qu’il n’était. Une fois de plus, Charlie Hebdo confirme la justesse de son « business model » fort rentable. En 2006, l’éditeur était bénéficiaire de 968.501 euros dont 85 % ont été distribués en dividendes ! Les chiffres de diffusion ont un peu baissé depuis lors. En déclenchant les foudres d’une de leurs cibles favorites (s’assurant même le soutien de l’extrême droite), ils se sont assurés une relance des ventes.
La justice doit retrouver et punir les auteurs de ce lâche attentat. Mais jouer les vierges effarouchées, ce sera sans moi.







3 Comments on "Charlie Hebdo : qui sème le vent récolte la tempête"
Corrections et précision
« Heureusement rien de très grave » écris-tu Aurélien ?
Mais, quel que soit notre avis sur le sujet, et je peux partager ta critique fondée sur les outrances et les partis-pris de Charlie hebdo ; le fonds de commerce sur lequel il surfe est nauséeux et ne prétend donc que mal à un réel humour, lorsqu’il foule aux pieds les valeurs constitutives qui seraient censées nous unir, comme un socle tangible, respectable et à défendre. Mais quel que soit cet avis, il n’y a strictement rien d’acceptable à bruler un journal, ou un cinéma, ou quoi que ce soit d’autre ou bien pire qui que ce soit d’autre. Je ne dis pas que c’est ce que tu dis non plus, mais qu’on ne peut pas de ce fait écrire à ce sujet, « heureusement rien de très grave ».
Cette phrase extraite de ton post, pose donc problème tout de même. Evidemment que cela est grave, d’autant qu’en l’occurrence, l’attaque de Charlie, outrancière à son habitude n’en est pas moins fondée sur des réalités, qui si elles ne dominent complètement, son prégnantes et devraient être préoccupantes, à savoir le coté archaïque et nazi–islamiste de certaines tendances dans l’Islam, lesquelles si elles ne sont partout dominantes, sont néanmoins à l’oeuvre, et ne s’embarrassent pas d’user des méthodes inquisitrices trop bien connues.
Alors, si, cela est très grave, quel que puisse être notre jugement sur la feuille de choux satyrique en question. Je te renvoie, entres autres réactions, à celle, dans Le Monde de Caroline Fourest, http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/04/les-nouveaux-inquisiteurs_1598994_3232.html
qui me semble sur ce point pointer ce qu’il faut.
Il y a là un crime, et vent ou tempête peu importe, il n’y a pas d’excuse à trouver à une telle action.
Quant à ton calcul, il me semble tout de même spécieux, puisqu’il supposerait que ceux de Charlie-Hebdo (lesquels me font parfois rire, mais je n’achète pas, hormis ce numéro exposé à la vindicte islamiste) aient sciemment subodoré l’incendie de leurs locaux… Perversion qu’ils auraient eu ou que tu leur prêtes et que tu produis toi même ?
J’attends d’une parole politique, une certaine hauteur et sens de l’ethos que je ne trouve là, en cette remarque tout du moins. En toute amitié et estime par ailleurs.
« Heureusement rien de très grave » écris-tu Aurélien ?
Mais, quel que soit notre avis sur le sujet, et je peux partager ta critique fondé sur les outrances et les parti-pris de Charlie hebdo ; le fonds de commerce sur lequel il surfe étant nauséeux et ne prétend donc que mal à un réel humour, lorsqu’il foule aux pieds les valeurs constitutives qui seraient censées nous unir, comme un socle tangible, respectable et à défendre, mais quel que soit cet avis, il n’y a strictement rien d’acceptable à bruler un journal, ou un cinéma, ou quoi que ce soit d’autre ou bien pire qui que ce soit d’autre.
Cette phrase extraite de ton post, pose problème tout de même. Evidemment que cela est grâve, d’autant qu’en l’occurrence, l’attaque de Charlie, outrancière à son habitude n’en est pas moins fondée sur des réalités, qui si elles ne dominent complètement, son prégnantes et devraient être préoccupantes, à savoir le coté archaïque et nazi–islamiste de certaines tendances dans l’Islam, lesquelles qi elles ne sont partout dominantes, sont néanmoins à l’oeuvre, et ne s’embarrassent pas d’user des méthodes inquisitrices trop bien connues.
Alors si cela est très grave, quel que puisse être notre jugement sur la feuille de choux satyrique en question. Je te renvoie, entres autres réactions, à celle, dan Le Monde de Caroline Fourest, http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/04/les-nouveaux-inquisiteurs_1598994_3232.html
qui me semble sur ce point pointer ce qu’il faut.
Il y a là un crime, et vent ou tempête peu importe, il n’y a pas d’excuse à trouver à une telle action.
Quant à ton calcul, il me semble tout de même spécieux, puisqu’il supposerait que ceux de Charlie-Hebdo (lesquels me font parfois rire, mais je n’achète pas, hormis ce numéro exposé à la vindicte islamiste) aient sciemment subodoré l’incendie de leurs locaux… Perversion qu’ils auraient eu ou que tu leur prêtes et que tu produis toit même ?
J’attends d’une parole politique, une certaine hauteur et sens de l’ethos que je ne trouve là, en cette remarque tout du moins. En toute amitié et estime par ailleurs.
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